Le vrac : success story d’une nouvelle ère de consommation durable

La vente en vrac a connu un véritable essor ces dernières années et ce n’est qu’un début.
Inscrit dans la logique de la Loi climat et résilience, ce nouveau marché s’impose comme une solution éco-responsable.

Retour sur une table ronde dédiée à la thématique du zéro emballage. Le marché du vrac, garant des nouvelles habitudes de consommation de demain, a été un sujet abordé par les différents experts de l’espace conférences d’ALL4PACK Emballage Paris 2022 : Célia Rennesson, co-fondatrice de Réseau Vrac, accompagnée de Didier Onraita-Bruneau, Président co-fondateur de My Retail Box, et Wenaël Regnier, fondateur et CEO de Sempaack & Semco.

Le vrac, l’éco-responsabilité partagée

Le vrac a rapidement été perçu comme une aubaine pour répondre à la question sur les emballages, en les réduisant à néant, du point de vue de la distribution. Un marché qui fait la promotion d’une démarche d’éco-conception réduite a minima, en mettant à contribution les consommateurs en matière d’emballages.

Ainsi, à la question “Quel emballage semble le plus respectueux de l’environnement ?”, le vrac propose une réponse catégorique : aucun !

Quel matériau d’emballage, quel packaging pour demain ? Pour les fervents adeptes du vrac, l’emballage de l’avenir ne sera pas, tout simplement.

Ou plutôt, il sera du ressort des consommateurs, garants de leurs propres emballages et responsables d’anticiper leurs achats afin de se munir de contenants adaptés.

Inspiré de la tendance des emballages réutilisables, comme les sacs de courses de supermarché, le vrac est au cœur d’une transition entre éco-conception et éco-responsabilité, dans laquelle le consommateur se révèle acteur principal aux côtés des distributeurs.

Tour d’horizon du marché en France

D’après Célia Rennesson, une fois que le niveau d’engagement du marché du vrac en France a été mesuré, il s’est finalement montré bien supérieur aux autres pays de l’Union européenne.

Une présence plus étendue qu’en Allemagne ou dans les pays nordiques. Des nations toujours ancrées dans une culture de distribution traditionnelle du “tout emballé”, en opposition avec la démarche qualitative et quantitative du vrac – marché alternatif qui personnalise et responsabilise chaque achat.

Soit deux écoles de consommation bien distinctes entre le prêt-à-consommer en quantité définie et le vrac, “disponible en quantité choisie”, comme l’exprime la représentante de l’association.

Evolution de Réseau Vrac

2015-2016 : Mise en place de l’association, conduite par l’essor du zéro déchet, et la sensibilisation au gaspillage alimentaire. Comme le souligne sa fondatrice, il était nécessaire de “créer un marché correspondant, un cadre de confiance pour les consommateurs”.

Budget de départ de Réseau Vrac : 150  millions d’euros pour le marché, multiplié par 10 en 5 ans avec la montée en puissance du phénomène et son inscription pérenne dans le cadre législatif.
Pour preuve, la nouvelle Loi climat et résilience qui s’inscrit dans la même démarche pro-environnementale que le vrac.

Résultats : Création de 1000 magasins dédiés, avec 90% des magasins bio et 70% des grandes enseignes équipées vrac. Un mouvement dont la légitimité a été directement confirmée par l’intérêt des Français pour le vrac, dont 37% affirment consommer des produits régulièrement.

2020 : le marché du vrac s’étend de l’alimentaire vers les boissons, les liquides, les produits d’hygiène, et le marché global du non-alimentaire.

Une cohérence dans le circuit de distribution du vrac en France que bien des pays européens nous envient, selon les experts du salon ALL4PACK Emballage Paris.

2021 : 341 nouveaux magasins dédiés ont vu le jour en France. Une success story qui n’a pas fini de faire parler, ni de faire réfléchir à de nouvelles habitudes de consommation durables, inscrites dans une logique d’éco-responsabilité partagée entre distributeurs et consommateurs.

Le vrac, fervent combattant du gaspillage alimentaire

Didier Onraita-Bruneau, expert de My Retail Box, a dressé un bilan complet de l’ennemi principal auquel le marché du vrac mène un combat quotidien : le gaspillage alimentaire. Un bilan assez désolant en matière de gaspillage, mais essentiel pour avoir une vision panoramique du rôle et de l’impact à longue portée du marché du vrac.

Quelques chiffres clés :

  • Le gaspillage représente à lui seul, en termes de quantités, 30 à 40 % de la production mondiale.
  • Le marché agro-alimentaire favorise le gaspillage, notamment à cause de la spéculation des denrées. Entre la spéculation et les catastrophes naturelles qui détruisent les cultures et rizières, 30% des terres dédiées à la culture du riz sont cultivées pour rien, à titre d’exemple.
  • Il est question de denrées qui ne parviendront jamais jusqu’à nourrir un estomac, alors qu’en parallèle le taux de famine ne fait qu’augmenter, jusqu’à atteindre 10% de la population mondiale en 2022 (d’après le rapport de l’ONU).

Bref, la question du vrac est devenue une problématique occidentale qui vise également à limiter le gaspillage alimentaire de cultures orientales, et à rééquilibrer les spécificités et les disparités des pays dits riches et pauvres.

Didier Onraita-Bruneau rappelait également que le rôle du vrac est de limiter les pertes dues aux emballages ouverts. Notamment pour des denrées qui, après avoir perduré dans les placards, finissent à la poubelle.

Dans la même veine, Wenaël Regnier de Sempaack & Semco insistait sur l’idée d’adapter la logique du vrac à tout type de consommation, alimentaire et non-alimentaire. Ceci afin d’éviter le gaspillage quotidien que l’on expérimente une fois arrivé à la fin d’un produit alimentaire, comme un pot de compote, ou en fin de vie d’un produit de beauté ou d’hygiène, tel qu’un tube de dentifrice.

Après avoir développé du PE à base de canne à sucre en réponse au gaspillage du plastique, le CEO espère étendre la vision du vrac à toutes formes de consommation afin de sensibiliser à l’achat d’une quantité de produit maîtrisée.

Le vrac, habitude de consommation de demain

Pour que la success story se révèle pérenne, quelques conditions essentielles à remplir s’avèrent primordiales :

  • Hygiène : irréprochable, tel est le mot d’ordre, quel que soit le point de vente du vrac. La confiance envers l’enseigne est une notion fondamentale pour fidéliser le consommateur – qui n’a pas entre ses mains les informations inscrites sur l’emballage pour le mettre en confiance, ou répondre à ses interrogations.
  • Praticité : le marché du vrac confirme sa constante évolution avec l’apparition d’une innovation par mois depuis déjà 6 ans, afin de faciliter l’accès et la consommation pour tous.
  • Traçabilité : une information à la fois présente, claire et lisible sur l’ensemble de la chaîne du produit est une condition sine qua non pour garantir l’objectif de traçabilité essentiel au consommateur.

En conclusion, il semble évident que le vrac est un marché en pleine explosion, fort de nombreuses initiatives et innovations qui ne cessent de voir le jour pour pérenniser cette habitude de consommation, et élargir son public.

Davantage sensibilisés au juste emploi des denrées, les consommateurs ont un rôle à jouer dans la transition vers des réflexes de consommation éco-responsable, nécessaires d’un point de vue pro-environnemental.

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Regardez le replay de la conférence ci-dessous:


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