Les perspectives d’avenir de l’emballage vues par les professionnels du secteur

ALL4PACK Emballage Paris a mené une enquête en mai dernier auprès de 211 décideurs en matière d’emballage, qu’ils soient visiteurs ou exposants sur le salon, afin de mettre en lumière l’état d’esprit du secteur de l’emballage vis-à-vis des défis posés par une nécessaire transition écologique, ainsi que les perspectives d’évolution dans l’utilisation de matériaux plus durables.

Une nécessité prégnante de changement

« Si nous continuons sur cette même lancée, les océans devraient contenir plus de plastique que de poissons (en termes de poids). »

Tel a été le constat dressé lors du World Economic Forum de janvier dernier, où nombre d’industriels du plastique ont été conviés à s’interroger sur le futur de leur secteur, notamment sur les matériaux utilisés durant les processus de packaging : en tout, ce sont 40 industriels qui ont répondu à l’appel de la navigatrice Ellen MacArthur afin de réfléchir ensemble à un avenir durable pour la filière de l’emballage.

Un enjeu central

Pour les 211 personnes interrogées, la tendance semble être clairement à la remise en question. En effet, ce sont 88 % des entreprises utilisatrices qui sont conscientes de la nécessité d’un changement profond dans l’utilisation des matériaux d’emballage, et qui estiment cet enjeu prioritaire. Les fournisseurs, de leur côté, sont d’accord à plus de 50 % avec ce point de vue : on constatera que 100 % des fournisseurs français répondent se sentir concernés et actifs dans cette transition.

Outre la protection de l’environnement, cette transition vers de nouveaux matériaux peut être induite par diverses raisons. Du coté des entreprises utilisatrices autant que des fournisseurs, ces raisons peuvent prendre diverses formes, telles que les attentes des consommateurs, de plus en plus soucieux des retombées de la société de consommation à outrance. Une autre motivation, conséquence de la première, pourra être également les retombées bénéfiques en termes d’image pour la marque. Enfin, ces changements pourront également être impulsés par les changements de législation, ou bien encore par la volonté des dirigeants.

Un chemin semé d’embûches

Cette transition se heurte toutefois à divers obstacles qui viennent freiner ce processus pourtant majoritairement perçu comme incontournable : pour les entreprises utilisatrices, on peut citer en premier lieu les coûts engendrés par ces matériaux plus respectueux qui sont bien supérieurs à ceux classiquement utilisés. Viennent également ensuite dans une moindre mesure leur disponibilité, ainsi que la qualité desdits matériaux, qui peuvent constituer un frein à leur démocratisation au sein de l’industrie. On notera enfin la difficulté constituée par les investissements nécessaires à l’utilisation de ces ressources plus vertueuses, notamment pour les fournisseurs comptant moins de 50 employés.

L’état des lieux des ressources actuelles

Le papier, le carton et le plastique restent les principaux matériaux utilisés par l’industrie de l’emballage : ils demeurent pour l’instant les bases de la conception des emballages, à hauteur respectivement de 77 % pour les papiers/cartons et de 73 % pour les matériaux plastiques.

On constate donc que la part de biomatériaux utilisés par l’industrie reste relativement faible en comparaison, car elle ne constitue pour l’instant que 18 % des matériaux employés pour concevoir les emballages.

Les perspectives d’avenir pour l’emballage

Malgré cette faible part de biomatériaux employés aujourd’hui, force est de constater que les consciences s’éveillent. En effet, 34 % des entreprises utilisatrices sondées ont déclaré être décidées à réduire la part de plastique utilisée dans leurs emballages, ce qui constitue une amélioration, même si ce matériau ne va pas disparaître pour autant vu son aspect central et pratique. Parallèlement, les regards commencent à se tourner vers une utilisation plus massive des biomatériaux : 37 % des sondés comptent commencer à les utiliser dans les deux ans à venir. Le papier et le carton, dont l’utilisation devrait augmenter chez 46 % des interrogés, semblent aussi avoir le vent en poupe.

Ainsi, on constate un net recul du plastique au profit de matériaux plus vertueux, notamment au sein de l’industrie agroalimentaire.

De plus, nombre de nouvelles résolutions sont en train de voir le jour concernant l’augmentation de cette part de biomatériaux avec, d’un côté, 32 % des sondés utilisateurs d’emballages plastiques qui annoncent vouloir réduire significativement leur recours à ce matériau, et 5 % qui comptent même l’arrêter définitivement.

Et de l’autre, une volonté prononcée de recourir plus massivement aux biomatériaux : leur utilisation est ainsi logiquement amenée à progresser drastiquement, avec une estimation de 56,6 % d’augmentation, à l’instar des matériaux papiers et cartons dont l’utilisation devrait augmenter de 66,3 % afin de répondre aux besoins des entreprises utilisatrices.

Encore une fois, l’industrie agroalimentaire reste très démonstrative de cette tendance : là où les biomatériaux ne sont utilisés qu’à hauteur de 24 % actuellement, il est attendu que cette part passe à 64 % d’ici deux ans.


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